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C’est une lettre que j’ai imaginée pendant des années sans jamais oser l’écrire — comme toutes ces lettres inachevées dont on se persuade que, une fois envoyées, elles solderaient tous les comptes passés. Le repas avec mes parents et la marche sous le ciel d’avril m’ont enfin décidé. C’est une chance à saisir. La dernière chance. Une lettre pour cet adolescent que j’ai croisé il y a près de trente ans et dont la photo, pour une raison qui me reste inconnue, a eu longtemps sa place dans l’album familial.
J’avais six ans. J’ignore son nom. J’ignore son âge. Il était pubère. Je ne l’étais pas.

Oublier ? Pardonner ? Surmonter ? Refouler ? Que peut faire Camille, avec deux « l » et un « e » — deuzéleu —, devenu adulte, pour survivre à ce qu’il s’est passé chez les B. ? Écrivain, il choisit d’écrire, pour témoigner. Sans rien épargner, sans rien excuser. Pour enfin être entendu de ceux qui ne l’ont pas écouté.

60 pages

Prix : 8 € Éditions Lunatique Pour commander Mes Deuzéleu

J’écris “au-devant de moi” - entretien pour la revue Basilic

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[entretien paru dans la revue Basilic]

Déjà auteur de deux forts romans, Del’univers visible et invisible (2012) et LaSeconde Vie de Clément Garcin (2014),Cyrille Latour nous a donné, en 2018, un récit bouleversant écrit en souvenir de sa compagne et mère de leur fille, la photographe Manon Nouailhac. En avant-première d'une rencontre qui aura lieu en octobre à Nice, nous avons eu envie de savoir quels étaient les enjeux d'écriture de cet encore jeune auteur.


Françoise Oriot : Tes deux premiers livres sont des romans, le troisième un récit autobio-graphique. Est-ce un tournant dans ton écriture ou as-tu toujours pensé que tu pratiquerais ces deux formes d’écriture ?

Cyrille Latour : J’ai, pour tout dire, quelques hésitations à penser en ces termes. D’abord, parce que je suis surpris, aujourd’hui, de constater la part autobiographique de ce qui relève pourtant de romans “de fiction”. Part dont je n’avais pas, en tout cas pas pleinement, conscience en les écrivant, et qui ne m’est …

Présentation vidéo de Mes Deuzéleu

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"Comment se construire sur une parole absente ? C'est tout l'enjeu de l'écriture que d'essayer d'écrire autour de cette parole absente" 
Présentation vidéo de Mes Deuzéleu, réalisée avec la complicité de Jérôme Deneubourg.

Chronique - lelitteraire.com

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 "Deux livres semblables et frères" : Mes Deuzéleu chroniqué sur lelitteraire.com avec Classe de mer, de mon frère d'édition Benjamin Taïeb.


Les édi­tions Luna­tique pro­posent deux livres sem­blables et frères. Certes, leur écri­ture et leur contexte sont très dif­fé­rents. Mais tout deux témoignent d’une même quête et d’une même colère. L’enfance a du mal à y être digé­rée.
Et le lec­teur com­prend aisé­ment pour­quoi. D’un côté — avec Taieb — un enfant vic­time à la fois de ses amis et d’adultes indo­lents, lâches ou sim­ple­ment indif­fé­rents. De l’autre — chez Latour — un autre enfant qui lui aussi écrit pour ten­ter, enfin, d’être entendu et écouté.
Latour tente sinon d’excuser du moins de com­prendre ce que subis­sait Camille — avec deux “l” et un “e” (d’où “Deu­zé­leu) chez les B… Taieb a plus de mal à accep­ter ce qui fut. Certes, il ne dénon­cera per­sonne mais la pilule a du mal à pas­ser. Mais dans les deux cas nous sommes bien loin — et c’est pe…

Critique de Pro/P(r)ose

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"Habité par l’image et féru de septième art, Cyrille Latour déploie un style cinématographique, où les séquences se juxtaposent, où les phrases se tordent, se fractionnent, s’étoffent au gré des ellipses"

Une critique parue dans le (très bon) Pro/prose Magazine


Après un premier roman encensé et primé, De l’univers visible et invisible, paru en 2012, ainsi que La seconde vie de Clément Garcin,  en 2014, Car l’amour existe fait figure d’œuvre singulière dans le parcours de Cyrille Latour, à la fois sensible et cinématographique, publiée il y a quelques mois aux éditions L’Amourier. Cyrille Latour conçoit l’écriture comme une « activité, discrète jusqu’à la clandestinité, qui nourrit toutes les autres et s’en nourrit en retour. Elle est la dernière parallèle : celle qui croise toutes les autres. » Il la considère comme « déterminante», « structurante», et « libératrice». C’est cette essence quelque peu cathartique qui confère toute sa force à Car l’amour existe, un récit …

Chronique de Michel Diaz

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"Ce livre (...) est traversé de pages déchirantes qui nous touchent au plus intime."

Très belle (et émouvante) chronique de Car l'amour existe par Michel Diaz.

Ce livre, dans le drame qu'il nous révèle et nous livre pudiquement, par fragments successifs, est traversé de pages déchirantes qui nous touchent au plus intime.
Mais quelle est la nature de ce texte ? Il appartient à la catégorie des objets littéraires non (ou peu) identifiés. En lui, rien qui puisse vraiment le ranger dans un genre bien défini qui nous en fournirait la méthode d'approche. On pourrait cependant, comme nous le suggère la présentation de l'ouvrage, retenir la formule de "récit de vie".
Les premières lignes de la 4ème de couverture nous présentent ainsi cet ouvrage, en commençant par une citation:
«L'ordinateur diffuse le film que tu ne regarderas plus. Sur l'écran, il ne me reste que les mots pour tenter de redessiner, en transparence, le reflet de ton visage.
Ce très beau…

Des mots, une voix - le 15 avril 2018

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Maurice Pialat, banlieue, lutte des classes, critiques littéraires et "trivialisation du monde" : un dimanche après-midi sur radio libertaire, au micro de Thierry Clair-Victor, autour de Car l'amour existe et de BettieBook de Frédéric Ciriez
Pour (ré)écouter l'émission, c'est ici.